Cette photographie a été prise à l’aide d’un Mamiya C330 Professional équipé de son optique 80mm standard sur pellicule Ilford XP2 400. La mesure de la lumière a été faite au jugé. Aucune modification n’a été apportée au scan du négatif tel qu’il a été effectué par le labo auquel j’ai confié le soin de développer la pellicule.
La culture de masse apparaît quand la société de masse se saisit des objets culturels, et son danger est que le processus vital de la société (qui, comme tout processus biologique, attire insatiablement tout ce qui est accessible dans le cycle de son métabolisme) consommera littéralement les…
Cette photo a été prise à Athènes par Diane Baudry. Elle me l’a transmise sachant que je suis très sensible au message qu’elle comporte et elle m’a demandé de l’éditer à ma façon. Initialement prise en couleurs avec un iPhone, je l’ai recadrée afin d’éliminer un bout de voiture en bas à gauche, puis je l’ai traitée de telle façon à mieux faire ressortir le message et les éléments du mur.
Je remercie Diane pour m’avoir donné cette opportunité ainsi que le droit de publier l’image retravaillée sur le présent blog.
Music Is The Healing Force of The Universe. There’s no doubt about that…
t’apprécier sans te juger,
te rejoindre sans t’envahir,
t’inviter, sans insistance,
te laisser sans culpabilité,
te critiquer sans te blâmer,
t’aider sans te diminuer.
Si tu veux bien m’accorder la même chose,
alors nous pourrons vraiment nous rencontrer et nous enrichir l’un l’autre."
— Satir, Virginia. Psychothérapeute américaine née le 26 juin 1916 et décédée le 10 septembre 1988 aux Etats-Unis.
Marvin Gaye. Le grand Marvin Gaye. Une chanson issue du magnifique mais méconnu Here, my Dear. 1978. Cet album a une histoire qui explique son âme si particulière. Je vous laisse la trouver et en prendre connaissance.
Paris. Le métro. Ligne numéro quatorze. Debout, me tenant à une barre métallique, froide, industrielle. Trop industrielle. Perdu dans mes pensées, à défaut d’avoir un abreuvoir à mots entre les mains.
Quelque chose me dérange. Quelque chose me sort de cette douce rêverie, de cette exploration mentale si vitale.
Elle. Debout aussi. Maigre et sèche. Son portable à la main gauche, ses cheveux dans la main droite. Elle regarde, se regarde dans le verre peu réfléchissant qui habille les portes de la rame. Tandis que sa main gauche s’affaire à composer des SMS, sa main droite n’a cesse de s’affairer dans ses cheveux, pourtant bien coiffés, trop bien coiffés. Cette façon qu’elle a de passer sa main dans ses cheveux, en se regardant et puis, de temps à autre, en regardant autour d’elle pour voir si le spectacle plaît en dit long sur elle.
Ce geste, cette exploration capillaire, je l’ai déjà vu maintes fois chez d’autres femmes. Est-ce un cri ? Un besoin d’attention ?
Ce geste, répétitif, insistant, m’a tiré de mon monde intérieur, de mon printemps personnel. Alors j’ai pris la perche qui m’était tendue et j’ai posé mon regard sur elle. Je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Ce geste, répétitif, je ne l’ai vu jusqu’ici que chez des femmes de faible consistance, qui ne tiennent pas la simplicité pour essentielle, vitale pour leur beauté.
Mes yeux essayent de voir son visage mais ne le peuvent pas. Dérangés, gênés par ses faux ongles, parfaits, trop parfaits. Encerclés par ses mimiques fatigantes, trop fatigantes. Ils essayent pourtant. Ils cherchent à faire abstraction de tout cela. Et puis ils trouvent son visage, enfin. Non, pas son visage. Plutôt un masque fait de cosmétiques, de fond de teint et de tous ces artifices. Ces artifices, symptôme d’une époque qui maquille les choses simples, qui maquille la vie et tente de mettre un voile sur cette réalité. Pourquoi ce besoin de se cacher, de se donner une consistance que l’on n’a pas ?
La différence avec la couleur et la teinte de ses bras est flagrante. Ma sensibilité en est froissée.
Vous seriez plutôt charmante sans ce prisme déformant que vous nous donnez à voir, ce masque pesant qui ne fait qu’accentuer la maigreur de votre sensibilité face aux choses simples et belles. C’est ce que j’aurais voulu lui dire avant de descendre de la rame.
A quoi bon ? C’est son choix après tout. Je me demande l’effet que cela fait de devoir se débarrasser de ce masque tous les soirs, pour le remettre le lendemain. Je me demande ce que coûte cette mise en valeur qui n’en est pas, qui sonne le faux. J’aimerais bien être là le soir, à ses côtés pour voir ce moment où elle retrouve son vrai visage et le voir. Vraiment le voir.
Vendredi. Le soleil inonde Paris. Et la Great Black Music est toujours là, bien vivante. Un peu de disco pour vous faire vibrer comme je vibre en ce moment.
La journée fut assez éreintante. J’en ai connu de meilleures. D’ailleurs, quoi de mieux pour la finir en beauté que de se lover dans un endroit confortable et de laisser la musique de Robert Glasper me submerger ?
Ce pianiste Jazz est des plus fascinants. Je le suis d’assez près depuis la sortie de Canvas, son premier album chez Blue Note. J’adore particulièrement sa façon de saupoudrer ses compositions de rythmiques groovantes plus proche du Hip-Hop que du Jazz. Il est de cette nouvelle génération d’artistes Jazz tels Christian Scott ou Bob Reynolds créant de nouveaux paysages sonores dans un genre qui se prête relativement bien à toutes les digressions étant par essence un cheminement, une exploration.
Certes, d’autres ont commencé -avec succès- bien avant. Je pense notamment à Terence Blanchard ou l’immense Roy Hargrove. Mais il y a une certaine classe et une forme de retenue très plaisantes dans le touché de Robert Glasper.
Son second album, My Element, a confirmé tout le bien que je pensais de lui. Cet album reste parmi mes préférés. C’est avec un immense bonheur que j’écoute Of Dreams to Come ou l’excellente reprise du Maiden Voyage de Herbie Hancock.
Récemment, il nous a gratifié d’un troisième opus, Double Booked. Titre tout à fait justifié dans la mesure où Robert Glasper nous propose deux albums en un, d’une longueur totale de 72 minutes et quelques secondes représentées par douze très belles compositions.
Les six premières sont effectuées en trio classique avec Vicente Archer à la contrebasse et le très doué Chris Dave à la batterie (serait-il le frère caché de ?uestlove ?). Du bon, très bon Jazz qui se finit en beauté avec une relecture de Think of One de Monk. Et puis commence la partie Experiment, une expérience fort réussie à mon goût et qu’il faudrait prolonger car l’univers de Robert Glasper s’ouvre soudain à des sonorités plus groove, plus hip-hop avec la présence notamment de la voix si touchante de Bilal sur deux titres et l’apparition de Mos Def.
Un véritable plaisir que de sentir enveloppé par une telle sensibilité artistique. Il est rassurant de voir que de tels artistes existent encore. En parlant de voir, Robert Glasper fait partie de la programmation de Jazz à la Villette cette année. Mes billets sont bien au chaud. Qu’en est-il des vôtres ?
— Pessoa, Fernando. Cité par Lapaque, Sébastien. Au Hasard et souvent, page 86. Editions Actes Sud.
— Lapaque, Sébastien. Au hasard et souvent. Page 69. Editions Actes Sud.
