Friand de musiques qu’on ne sait cataloguer, qu’on ne sait mettre dans une case particulière, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai abordé l’article de National Public Radio portant sur Jonathan Dagan, un jeune artiste de Brooklyn plus connu sous le nom de J. Viewz.
D’après l’article, le sieur Dagan saurait mélanger des influences aussi diverses que le folk, le rock et le jazz. Cela aurait du refroidir mon enthousiasme mais j’ai tenu bon.
L’auteur a ensuite évoqué le mode de distribution quelque peu original de son nouvel album, Rivers and Homes, qualifié d’éclectique au passage. La définition de l’éclectisme s’est-elle appauvrie avec le temps passant ou me suis-je engagé sans le ressentir dans un processus de «vieux-connisation» ?
A la fin de l’article, l’enthousiasme s’est transformé en appréhension et c’est avec quelque hésitation que je me suis décidé à engager l’écoute de huit minutes de «musique» proposée par NPR, découpée en deux morceaux qui s’enchaînent.
La première partie ne mérite pas qu’on s’y attarde tellement elle est sirupeuse. Je me revoyais adolescent, écouter ce son douteux qui annonçait la désolation à venir dans les années 80.
La seconde partie remonte quelque peu le niveau avec une sorte de pont entre musique électronique, R&B (au sens moderne et désolant) et je ne sais quoi d’autre qui me semble familier, trop familier. Mais au lieu d’ouvrir des perspectives nées du brassage, du métissage, le pont fait œillère dans un mouvement de balancier oscillant entre conformisme et recyclage ; travers de bien de gens qui se prétendent artistes.
Il en faut pour tous les goûts nous dit-on. On fait bien de la littérature sans littérature de nos jours. Alors pourquoi pas de musique sans musique ?
Nous n’avons plus qu’à bêler.