October 2, 2010
Le jazz à la Villette en 2010

L’édition 2010 de Jazz à la Villette a été plutôt mitigée pour moi. J’ai pu assister à huit concerts. Certains ont été extrêmement décevants telle cette prestation mystique, expérimentale de Marc Ribot et de Meshell Ndegeocello à la salle de concerts de la Cité de la Musique. Mais peut-être mes oreilles sont-elles trop chastes. Bref, cela ne m’a absolument pas convaincu ou séduit.

Je suis allé revoir le Grand Homme, j’ai nommé ce cher Gil Scott-Heron. Il était en forme mais malgré cela, la chaleur du New Morning où je l’avais vu il y a quelques temps et son atmosphère intime, voire intimiste, a eu raison de la froideur, l’immensité de la salle de concerts de la Cité de la Musique dans laquelle il s’est produit cette fois-ci. En première partie, j’ai découvert un artiste étonnant et détonnant, Saul Williams.

Un des moments de grâce fut le duo entre Vincent Ségal et Piers Faccini, en première partie d’Alice Russell. Autant que je me souvienne, jamais n’ai-je vu une première partie aussi acclamée, applaudie. Leur musique était tellement belle que cela m’a procuré des frissons. Alice a assuré aussi avec sa belle voix et son grain de folie so british.

J’ai assisté au tribute de Roy Ayers. Ce fut l’occasion de voir pour la première fois ce bon Robert Glasper mais surtout le détonnant Chris Dave à la batterie. J’ai aussi découvert au passage Casey Benjamin que je me suis promis de “surveiller”.

Mais le meilleur concert de cette édition fut, pour moi, celui du trio Robert Glasper qui officiait à nouveau le dimanche après le tribute. J’ai rarement vu un tel niveau de maitrise, de connivence . Les trois musiciens sont de très très haut calibre. Chris Dave a encore été époustouflant. Je croyais avoir tout vu avec Avishai Cohen quand il était en trio, surtout avec Mark Guiliana à la batterie. Chris Dave m’a rappelé par certains côtés Billy Cobham. Sans oublier la voix, celle de Bilal. Un moment de grâce comme je n’en ai peu connu.

Ce concert débutait à 17h00 et j’enchainais ensuite avec The Roots, accompagnés de The Last Poets et de David Murray à la Grande Halle. Cela devait être le clou du festival, l’événement à ne pas manquer. Cela s’est avéré être un véritable flop. Annoncés pour 20h00, j’ai du rater le rappel de Robert Glasper pour courir à la Grande Halle et me trouver dans une queue d’attente immense, plus importante que celles que j’ai connues à Bercy pour -M- ou Ben Harper. Une fois dans la salle, à 20h30, un DJ faisait son set tranquillement. Le public, très nombreux, commençait à s’impatienter. Enfin, à 21h20, ces Messieurs daignent monter sur scène. Au bout de 3 minutes, je partais. Le son était très mauvais. La balance était absente et on ne distinguait pas les instruments. Et les décibels pleuvaient, en masse. De quoi faire fuir le plus hardi des tympans.

J’ai bien aimé aussi Tony Allen qui, à 70 ans, continue sa voie de tour de contrôle de l’Afrobeat en donnant le change au sympathique Jimi Tenor et à son groupe, Kabu Kabu.

En première partie de Robert Glasper, Robert Aaron, que je ne connaissais pas, a ouvert le bal de manière fort gracieuse avec une reprise de Marvin Gaye issue de l’album Trouble Man.

Le bilan de cette édition est assez mitigé pour moi. Mais sans aucun doute possible, le trio Robert Glasper, Derrick Hodge et Chris Dave, accompagnés de Bilal, sont tout bonnement des dieux d’une nouvelle génération de jazzmen ouverts au Groove, au Funk et au hip-hop. Bref, tout ce que j’aime. D’ailleurs, In My Element, le précédent album de Glasper continue à être un de mes albums préférés, à tel point qu’il m’arrive de l’écouter plusieurs fois par semaine.

Les concerts ont été enregistrés et seront bientôt disponibles en ligne sur le site de la Médiathèque de la Cité de la Musique.

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