November 10, 2010
La vie par-delà les mots

« Un titre sur la jaquette d’un livre, soudain, un visage se dessine et nous entraîne dans son sillage. La mémoire est un faucon qui nous emporte dans ses serres, survoler des contrées lointaines. Rien de ce qui a été n’est perdu, tant qu’il y aura des livres pour consigner la vie. »

Ainsi commence Le vieil homme sur la barque. Un livre du souvenir. Un livre de la mémoire. La mémoire d’une femme qui se revoit du haut de ses six ans avec son grand- père pêcheur.

Sa mémoire. Elle y a préservé ce grand homme. Le premier et le plus marquant de sa vie. Les serrures du souvenir se défont lorsque son regard se pose sur la couverture du Vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway. Ainsi commence son voyage intérieur. Voyage de la mémoire. Voyage vers ce grand-père qui l’apaise et la rassure. Ce sage qui lui avait murmuré, comme une confidence : « la vie, c’est apprendre à avoir le pied marin ».

Assis, dans le mouvement, je découvre ses mots et je m’en nourris.

Mouvement. Mouvement de l’avion qui m’emmène vers ma terre natale, vers une terre de souvenirs. Une terre peuplée de soleil, d’épices, de sable et de courants d’air. Mes souvenirs y sont nombreux. Certains agréables, d’autres tristes.

Mouvement. Mouvement intérieur où la mémoire s’ouvre sur des sentiers battus et des chemins de traverse. Ici une douceur. Là une douleur. Mais par-delà l’horizon, le soleil, mon soleil brille. Car tant qu’il y a des livres pour consigner la vie, tout ce qui nous a construit n’est pas perdu.

Vol AF1358 à destination de Rabat, Maroc.
Le mercredi 27 octobre 2010.

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