Cela fait longtemps qu’elle est là. Elle connaît le paysage. Tant est-ce que l’on puisse parler de paysage dans le cas présent.
Elle reste là immobile, entourée d’un simulacre de nature, à attendre. Attendre que quelqu’un la regarde; objet de l’Homme dont le seul but est son confort.
Elle les voit. Certains montent, d’autres descendent. Parfois, ceux qui montent redescendent. Elle ne sait ni d’où ils viennent ni où ils vont. Certains montent vite. D’autres prennent leur temps, de force ou de gré.
Elle ne les comprend pas. Ils lui ont donné naissance puis posé là sans jamais prendre le temps, leur temps!
Des pas par centaines. Des pas par milliers. Comme si le salut de leur espèce ne tenait qu’à ça, à ce mouvement sans cesse répété.
Elle veut leur offrir du temps, le temps de la réflexion. Mais eux ne pensent qu’au temps, le temps de l’action.
Cela fait longtemps qu’elle est là. Elle connaît le paysage. Tant est-ce que l’on puisse parler de paysage dans le cas présent.