June 14, 2010
Robert Glasper, un fort talent pour le Jazz mâtiné de Groove

La journée fut assez éreintante. J’en ai connu de meilleures. D’ailleurs, quoi de mieux pour la finir en beauté que de se lover dans un endroit confortable et de laisser la musique de Robert Glasper me submerger ?

Ce pianiste Jazz est des plus fascinants. Je le suis d’assez près depuis la sortie de Canvas, son premier album chez Blue Note. J’adore particulièrement sa façon de saupoudrer ses compositions de rythmiques groovantes plus proche du Hip-Hop que du Jazz. Il est de cette nouvelle génération d’artistes Jazz tels Christian Scott ou Bob Reynolds créant de nouveaux paysages sonores dans un genre qui se prête relativement bien à toutes les digressions étant par essence un cheminement, une exploration.

Certes, d’autres ont commencé -avec succès- bien avant. Je pense notamment à Terence Blanchard ou l’immense Roy Hargrove. Mais il y a une certaine classe et une forme de retenue très plaisantes dans le touché de Robert Glasper.

Son second album, My Element, a confirmé tout le bien que je pensais de lui. Cet album reste parmi mes préférés. C’est avec un immense bonheur que j’écoute Of Dreams to Come ou l’excellente reprise du Maiden Voyage de Herbie Hancock.

Récemment, il nous a gratifié d’un troisième opus, Double Booked. Titre tout à fait justifié dans la mesure où Robert Glasper nous propose deux albums en un, d’une longueur totale de 72 minutes et quelques secondes représentées par douze très belles compositions.

Les six premières sont effectuées en trio classique avec Vicente Archer à la contrebasse et le très doué Chris Dave à la batterie (serait-il le frère caché de ?uestlove ?). Du bon, très bon Jazz qui se finit en beauté avec une relecture de Think of One de Monk. Et puis commence la partie Experiment, une expérience fort réussie à mon goût et qu’il faudrait prolonger car l’univers de Robert Glasper s’ouvre soudain à des sonorités plus groove, plus hip-hop avec la présence notamment de la voix si touchante de Bilal sur deux titres et l’apparition de Mos Def.

Un véritable plaisir que de sentir enveloppé par une telle sensibilité artistique. Il est rassurant de voir que de tels artistes existent encore. En parlant de voir, Robert Glasper fait partie de la programmation de Jazz à la Villette cette année. Mes billets sont bien au chaud. Qu’en est-il des vôtres ?

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