June 2, 2010
"Elle aimait le craquement solitaire des arbres lorsqu’on marchait dessous, et leur taille. Pas parce que les objets massifs l’impressionnaient en soi, mais parce que, devant eux, elle se sentait pleine d’humilité et parvenait enfin à envisager sa propre vie dans une perspective historique planétaire… Elle adorait l’idée que ces arbres lui survivraient. Et à quel point sa vie était minuscule, un clin d’oeil à l’échelle de l’univers. Cette pensée la rassurait. Elle ne se sentait pas insignifiante, seulement intégrée dans un long et vaste processus, hors de sa portée. Le monde, au-delà de sa vie et de ses désirs. C’était alors qu’elle ressentait ouverture d’esprit et générosité."

— Spiotta, Dana. Eat the document. Page 199. Editions Actes Sud.

June 1, 2010
"Il savait que, avec le temps, tous ses pincements au coeur s’estomperaient puis finiraient par disparaître. Il le savait parce qu’il avait déjà vécu des séparations auparavant, comme tout le monde. C’était triste mais, il fallait bien l’admettre, l’oubli constituait une libération lente et progressive. Cependant, être conscient de cela prouvait également que, quelque part, vous n’oubliez pas complètement les épreuves traversées. Seulement, elles s’estompent au point qu’on a presque l’impression qu’elles ont été vécues par quelqu’un d’autre."

— Spiotta, Dana. Eat the document. Pages 189-190. Editions Actes Sud.

May 28, 2010
"La vérité, on la connaît: soit on améliore le monde, soit on l’empire. Quiconque affirme le contraire ne cherche qu’à justifier sa propre inaction."

— Spiotta, Dana. Eat the document. Page 171. Editions Actes Sud.