August 16, 2011
Pedro Almodóvar, La Piel que Habito et quelques musiques

Lorsque j’ai visionné la bande-annonce de La Piel que Habito, le nouveau film d’Almodóvar, je fus profondément intrigué. “Voilà une proposition nouvelle, qui change et qui -en tant qu’humble spectateur- m’attire et m’invite à la découverte” me suis-je dit. J’ai du la voir une bonne demi-douzaine de fois sans que cela ne me lasse et je pense que les attitudes des personnages mais aussi la musique y sont pour beaucoup.

C’est là un cinéaste essentiel à mon avis. Son amabilité et son sens du partage, que j’ai ressentit à travers l’interview clairsemée de quelques belles pépites musicales qu’il a accordée à Harold Manning sur France Inter, rajoutent de l’épaisseur à cet homme que je respecte et qui m’inspire.

Une scène, entraperçue dans la bande-annonce (à la première minute et trente cinquième seconde), m’est parue immensément éloquente. Celle où Antonio Banderas, magistral et gominé comme un véritable gangster des années 20~30, pointe un revolver, le regard dur et l’expression décidée. Il y en bien évidemment d’autres.

Pour finir, je vous livre cette transcription de quelques paroles dites par Arnaud Viviant de la revue Regards lors de l’émission Le masque et la plume passée sur France Inter le dimanche 31 juillet et que vous pourrez retrouver sur le site de la station :

ll y a un philosophe qui expliquait que le propre de notre époque, une des choses formidables de notre époque, c’est d’avoir réussi à inventer des choses sans leur principe. L’exemple le plus courant c’est le café décaféiné. Il fallait y penser. Tiens ! On va faire un café sans caféine. Ah, ah ça c’est une idée quoi ! C’est une idée ! La bière sans alcool. Fallait y penser. Je veux dire, vraiment… celui que je préfère quand même c’est le fromage 0% de matière grasse. Alors là ! Là, là, là ça commence à être fort. Et donc là, Guillaume Musso, c’est exactement la même chose. C’est de la littérature sans la littérature. Et, je veux dire… c’est pas la peine de le dire. Les gens qui achètent du Musso c’est exactement comme les gens qui boivent du café décaféiné parce qu’ils ont peur de ne pas dormir le soir. Bon et bein, c’est pareil ! Ils achètent de la littérature sans la littérature parce qu’ils savent qu’au fond d’eux-même -et ils ont bien raison- que la littérature ça peut être dangereux. Qu’un livre, ça peut changer votre vie. Que c’est pas indifférent. Ils ont un peu peur de la littérature. Ils n’ont pas envie de s’embarrasser avec ça donc ils lisent de la littérature dont ils savent qu’elle est privée de littérature. C’est à dire Guillaume Musso ou Marc Lévy.

Cela, je pense, s’applique aux autres arts aussi…

I’ve been haunted and highly attracted by the trailer of La Piel que Habito, the new Pedro Almodóvar movie, and it features Shades of Marble, a very nice Electronica song by Trentemoller which I can’t dissociate from that (very) intriguing trailer.

April 20, 2011
Petrin Hill, Prague on Flickr.

Petrin Hill, Prague on Flickr.

May 7, 2010
Roma Memories, Part. II: Souvenirs de Rome

Nouvelle série de 10 photographies. Elles ont toutes été prises avec mon fidèle compagnon dont on a arrêté la production en 1974, j’ai nommé le Mamiya C330. Diverses pellicules ont été utilisés : du Kodak Ektar 100, du Ilford HP5 Plus ainsi que du Fuji 160S.

May 6, 2010
Roma Memories, Part. I: Souvenirs de Rome

Nous avons passé la semaine dernière à Rome. Nous avons parcouru d’innombrables kilomètres à pied dans cette ville assez magique et chargée d’histoire dont j’ai mémorisé bien des rues à consulter souvent la carte. Même si la circulation y est relativement infernale, il y a énormément d’endroits où les piétons sont prioritaires. La nourriture y est aussi très bonne même si elle n’est pas idéalement équilibrée mais les bonnes marches que nous avons fait ont bien assaini nos corps et nos esprits.

Je ne suis pas un grand fan des vieilles pierres mais j’avoue que certains vestiges et lieux m’ont subjugué. J’ai donc profité de ce petit séjour pour emmener mon précieux appareil photo argentique (un Mamiya C330 à double optique, aussi voire plus vieux que moi pour les curieux) afin d’immortaliser ces moments. Contrairement à un appareil photo numérique, celui-ci ne prend que 12 ou 24 poses et il faut bien réfléchir à ce que l’on fait.

Voici une première série de 10 photographies:

J’en publierais d’autres dans les jours qui viennent. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires en attendant.

Ciao!

February 26, 2010
Le temps des grâces

Il y a environ deux semaines, un ami (Stéphane si tu m’entends…) m’a parlé d’un documentaire portant sur le monde agricole en France et l’impact de l’agriculture intensive sur le paysage et, implicitement, la nourriture des français. Connaissant et partageant ma sensibilité pour le bio et la santé, il a jugé opportun de me faire part de cette nouvelle dont il a eu vent en regardant Le Cercle sur Canal +.

Je suis allé le voir hier à l’Entrepôt et j’ai adoré. Comme le dit si bien un des chroniqueurs du Cercle, on est sur le terrain et pas dans un hélicoptère avec une voix off qui vous assène des coups de massue alarmistes avec enchaînement d’images frappant les esprits comme l’a fait Nicolas Hulot avec Le Syndrome du Titanic; un film que j’ai trouvé profondément ennuyant et froid.

Dans Le temps des grâces, Dominique Marchais, le réalisateur, discute avec des paysans, des agriculteurs, des microbiologistes (excellente intervention de Lydia et Claude Bourguignon d’ailleurs), des ingénieurs et des intellectuels et nous fait visiter bien des paysages de la France. Et ça fait du bien de voir des gens parler. Ca fait du bien d’être à ras du sol et pas en altitude, comme s’il fallait prendre beaucoup de hauteur pour appréhender les problèmes. Mais à force d’en prendre, on risque de rater des détails importants.

Ce film n’est pas alarmiste au sens où nous serions complètement foutus. Il présente des faits et aussi des moyens concrets pour revenir vers quelque chose de plus censé et de plus respectueux envers cette nature qui a tant à nous apprendre. En ce sens, il est porteur d’espoir.

Je vous invite à regarder l’extrait de l’émission Le Cercle du vendredi 5 février et je conclurais mon billet par cette phrase d’un des chroniqueurs du Cercle:

A force de rationaliser la terre, on la tue.