November 1, 2011
"Malheur à l’homme qui, oubliant son devoir de merveilles, a, par voeu de puissance ou d’avidité, trahi la main tendue et le rite de partage. Mais honneur à ceux qui vont et viennent et partagent avec l’autre la douceur de la halte."

— Trouillot, Lyonel. La belle amour humaine. Pages 166-167. Editions Actes Sud.

October 30, 2011
"Quel talent faut-il à un homme pour qu’au soir de ses funérailles on ne puisse penser qu’à la vie."

— Trouillot, Lyonel. La belle amour humaine. Page 163. Éditions Actes Sud.

October 27, 2011
"… la stabilité d’un système ne tient pas à ses vertus mais à sa maîtrise de la provocation. Il suffit de ne pas étaler son luxe sous le nez des autres et de leur faire croire qu’ils participent à la fête."

— Trouillot, Lyonel. La belle amour humaine. Page 153. Éditions Actes Sud.

June 5, 2010
"Le monde est dur, le déluge le lave mais le recouvre aussi de boue. Après reviendront des multitudes de petits bonheurs, de bonté, d’amour, de miséricorde équilibrés par les crimes, les guerres, les villes anéanties, les enfants massacrés qui nous accompagnent aussi au fil de l’existence. Tout changera, mais le monde changera-t-il ? Ce sera toujours le monde où le déluge est possible et où l’homme ne peut le combattre qu’en se transformant lui-même."

— Bauchau, Henry. Déluge. Pages 147-148. Editions Actes Sud.

June 3, 2010
"Il a peint là le squelette terrifiant de l’arche. Aucune chair, rien que des membrures en attente. Ce squelette est immense, il déborde la colline, il dépasse nos forces et la rapidité avec laquelle Florian l’a édifié montre que le déluge approche. Ce squelette de couleur claire dit la puissance de la vie, venue au secours de la race des hommes. Le ciel qui se couvre annonce le début du déluge, et on voit que Florian pense malgré lui: Les hommes ne changeront pas. Ils seront toujours les mêmes, surchargés de désirs impossibles, et prêts à se précipiter, la tête haute, dans le malheur, les guerres et les famines."

— Bauchau, Henry. Déluge. Pages 135-136. Editions Actes Sud.

June 2, 2010
"Elle aimait le craquement solitaire des arbres lorsqu’on marchait dessous, et leur taille. Pas parce que les objets massifs l’impressionnaient en soi, mais parce que, devant eux, elle se sentait pleine d’humilité et parvenait enfin à envisager sa propre vie dans une perspective historique planétaire… Elle adorait l’idée que ces arbres lui survivraient. Et à quel point sa vie était minuscule, un clin d’oeil à l’échelle de l’univers. Cette pensée la rassurait. Elle ne se sentait pas insignifiante, seulement intégrée dans un long et vaste processus, hors de sa portée. Le monde, au-delà de sa vie et de ses désirs. C’était alors qu’elle ressentait ouverture d’esprit et générosité."

— Spiotta, Dana. Eat the document. Page 199. Editions Actes Sud.

June 1, 2010
"Il savait que, avec le temps, tous ses pincements au coeur s’estomperaient puis finiraient par disparaître. Il le savait parce qu’il avait déjà vécu des séparations auparavant, comme tout le monde. C’était triste mais, il fallait bien l’admettre, l’oubli constituait une libération lente et progressive. Cependant, être conscient de cela prouvait également que, quelque part, vous n’oubliez pas complètement les épreuves traversées. Seulement, elles s’estompent au point qu’on a presque l’impression qu’elles ont été vécues par quelqu’un d’autre."

— Spiotta, Dana. Eat the document. Pages 189-190. Editions Actes Sud.

March 10, 2010
Yanvalou pour Charlie

Yanvalou pour Charlie Suite à mon passage à la librairie L’Atelier 9 la semaine dernière, la charmante libraire m’a conseillé Yanvalou pour Charlie, un roman de Lyonel Trouillot, écrivain haïtien né à Port-au-Prince. Après avoir parcouru le quatrième de couverture, le sujet m’a semblé intéressant au point de l’acheter et je ne regrette aucunement mon achat, loin de là.

L’intrigue de ce roman se passe principalement dans la ville natale de l’auteur où Mathurin, un des principaux protagonistes, est un avocat grimpant vite les échelons après s’être défait de ses racines de provincial.

Mais ce passé dont il se croit s’être déchargé pour mieux grimper se rappelle à lui avec force lorsque Charlie, un adolescent vivant dans un centre pour enfants abandonnés, débarque à l’improviste dans son cabinet. En tirant sur les cordes du passé, un lien s’établit entre les deux protagonistes. Notre bel avocat se retrouve ainsi à vivre une vie qui n’est pas la sienne.

Tissé avec une belle écriture (le passage pages 22 et 23 est tout simplement magnifique !) et appuyé par un solide scénario (non dénué de quelques faiblesses ici et là), c’est un des meilleurs romans que j’ai lu dernièrement.