June 14, 2010
"Nos pères détruisirent joyeusement, parce qu’ils vivaient à une époque qui conservait quelques vestiges de la solidité du passé. C’était cela même qu’ils détruisaient qui donnait assez de force à la société pour qu’ils puissent détruire sans sentir l’édifice se disjoindre. Nous héritons de la destruction et de ses résultats. De nos jours, le monde appartient aux imbéciles, aux coeurs secs et aux agités. Le droit de vivre et de triompher s’acquiert aujourd”hui par les mêmes moyens que s’obtient un internement à l’asile : l’incapacité de penser, l’amoralité et l’hyperexcitation."

— Pessoa, Fernando. Cité par Lapaque, Sébastien. Au Hasard et souvent, page 86. Editions Actes Sud.

June 12, 2010
"Dans le monde qu’on nous prépare, un monde de cinquantenaires à Rolex au poignet et à jolie fille au bras, nous allons mourir d’ennui. Et nous aurons perdu la seule chose qui donne un prix à la vie : l’absolu. Nous aurons perdu la poésie, les rêves et la gloire, les contes de fées, les Belles au bois dormant, l’amour courtois, le sourire de l’Ange du portail de la cathédrale de Reims."

— Lapaque, Sébastien. Au hasard et souvent. Page 69. Editions Actes Sud.

June 10, 2010
"Des lois, des caméras : voilà ce que sont capables d’imaginer ces gens pour faire rentrer dans le rang une jeunesse braillarde qui ne sait plus où elle habite. On veut bien croire que l’attachement au drapeau tricolore et à l’hymne national est important. Mais, comme l’autorité, cela n’a de sens que si cela va de soi."

— Lapaque, Sébastien. Au hasard et souvent. Page 13. Editions Actes Sud.