March 20, 2012
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La frontière entre la gratuité et l’intérêt ne passe pas le long de la haie de notre jardin ou sur notre palier d’étage, ou même à l’entrée de nos bureaux ! C’est au cœur même de notre être qu’elle s’inscrit. La place que je fais à la gratuité dans ma vie est un choix.

Ce choix ne dépend d’aucun système, je ne suis victime d’aucune conspiration. Il est entre mes mains. Tous les matins, entre l’ombre et la lumière.

Parler de l’ombre, donc, de son omniprésence. Dans l’envie qui se travestit, dans les peurs qui se démasquent. Dans les grandes compromissions déguisées en petits compromis. L’ombre lorsque la force devient violence.

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— Faber, Emmanuel. Chemins de traverse. Pages 123-124. Editions Albin Michel.

April 16, 2011
"[…] il faut des dizaines de milliers d’années pour que le plutonium perde sa radioactivité. Dit autrement, le risque nucléaire, par son caractère absolu, rend caducs les calculs probabilistes chers aux ingénieurs et autres experts. […] la décision de sortir du nucléaire est moins un choix technique qu’un choix politique, un choix de société, un choix éthique, qui pose la question de notre responsabilité d’êtres humains à l’égard de nos semblables et des générations futures. C’est aussi un choix en termes de mode de vie, qui questionne les finalités d’un système économique qui, au nom du toujours plus, fait courir des risques énormes à l’humanité."

— Philippe Frémeaux. Alternatives économiques, numéro 301, avril 2011. Page 5 (éditorial)

April 5, 2011
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Avec sa silhouette de tube digestif, sa base bunker en plastique bas de gamme, sa lumière pisseuse flamboyante, comme chargée d’antibiotiques, l’ampoule fluocompacte est l’objet du quotidien le plus anti-esthétique que je connaisse, symbolisant tout le mal que l’humanité est capable de s’infliger à elle-même avec de bonnes intentions.

Que Dieu vous préserve d’en casser une ! Il faut savoir que ces ampoules-là contiennent du mercure (que l’on a interdit depuis des dizaines d’années dans les thermomètres - cherchez l’erreur).

[…] a côté d’une ampoule fluocompacte qui se brise, l’accident de Three Mile Island est une promenade.

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— Gran, Iegor. L’écologie en bas de chez moi. Editions P.O.L. Page 73

February 24, 2011
"Je pense qu’il y a en chacun de nous une certaine énergie qui doit se décharger non dans des actions non inspirées par la raison, mais en art, en amour passionné ou en haine passionnée, selon les circonstances. L’extérieur respectable, la régularité, la routine - toute la discipline de fer de la moderne société industrielle -, ont atrophié les impulsions artistiques et enchaîné l’amour si bien qu’il ne peut plus être généreux, libre et créateur, mais doit être ou bien coléreux ou bien furtif."

— Russell, Bertrand. Essais Sceptiques. Editions les belles lettres. Traduction de André Bernard. Page 30.

January 29, 2011
"Parfois, une idée vaut mieux que sa réalité."

— Saâd Kadhi

November 25, 2010
"Raymond enrage qu’il ne s’éxecute pas assez vite, la photo est l’art de l’instant."

— Raymond Depardon, Jean-Claude Guillebaud. La porte des Larmes, retour vers l’Abyssinie. Page 187. Editions du seuil (collection Points).

"Le temps n’est pas le même partout. Un décalage imperceptible, une distance se sont bel et bien creusés entre nous et ce qui faisait l’ordinaire de nos vies. Nous ne sommes plus dans le temps de l’Europe mais nous n’habitons pas vraiment celui de l’Afrique. Nous campons, tant bien que mal, dans ce déséquilibre du voyage qui tient les nerfs à vif mais l’âme en éveil."

— Raymond Depardon, Jean-Claude Guillebaud. La porte des Larmes, retour vers l’Abyssinie. Page 154. Editions du seuil (collection Points).

November 24, 2010
"L’Ethiopie nous paraît figée dans une interminable attente, impassible sous la poussée du temps, seulement rongée, en surface, sous l’accumulation des années. Existe-t-il dans le monde, beaucoup d’endroits comme celui-là ? Ici, la notion même de souvenirs me semble irréelle. Il manque je ne ne sais quelle trace ou distance pour étalonner le regard. Le temps est lisse, infini…"

— Raymond Depardon, Jean-Claude Guillebaud. La porte des Larmes, retour vers l’Abyssinie. Page 142. Editions du seuil (collection Points).

"La forme n’est pas forcèment la substance. Une même forme peut contenir des matières différentes. Les mots disent aussi tout ce que l’oreille n’entend pas."

— Raymond Depardon, Jean-Claude Guillebaud. La porte des Larmes, retour vers l’Abyssinie. Page 137. Editions du seuil (collection Points).

November 23, 2010
"Une belle tranquillité nous habite, sans rime ni raison. Tout voyage inclut, de loin en loin, ces bonheurs fugitifs qu’on dirait simplement offerts dans l’écrin d’un instant. Pure subjectivité, sans doute, sans vrai rapport avec la volonté ou la réalité d’un lieu ; émergence inopinée d’une harmonie venue du dedans plus que du dehors. Mais pourquoi ce moment-là ? Existe-t-il malgré tout, dans ces instants précis, une qualité particulière de la lumière, une odeur d’herbe, quelques sons épars dans l’atmosphère dont nous enregistrons, comme à notre insu, le parfait agencement ? Avions-nous crédité cette ville mythique aux quatre-vingt-dix-neuf mosquées, ce beau ruban de remparts percé de six portes et ces masures agglutinées à l’orée du désert d’on ne sait quelle grâce particulière qui nous serait, tout simplement, restituée ? Je n’en sais rien. Nous sommes heureux à Harar. Peut-être suffit-il de dire les choses comme cela ?"

— Raymond Depardon, Jean-Claude Guillebaud. La porte des Larmes, retour vers l’Abyssinie. Pages 74 et 76. Editions du seuil (collection Points).