September 14, 2011
La myopie de J. Viewz

Friand de musiques qu’on ne sait cataloguer, qu’on ne sait mettre dans une case particulière, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai abordé l’article de National Public Radio portant sur Jonathan Dagan, un jeune artiste de Brooklyn plus connu sous le nom de J. Viewz.

D’après l’article, le sieur Dagan saurait mélanger des influences aussi diverses que le folk, le rock et le jazz. Cela aurait du refroidir mon enthousiasme mais j’ai tenu bon.

L’auteur a ensuite évoqué le mode de distribution quelque peu original de son nouvel album, Rivers and Homes, qualifié d’éclectique au passage. La définition de l’éclectisme s’est-elle appauvrie avec le temps passant ou me suis-je engagé sans le ressentir dans un processus de «vieux-connisation» ?

A la fin de l’article, l’enthousiasme s’est transformé en appréhension et c’est avec quelque hésitation que je me suis décidé à engager l’écoute de huit minutes de «musique» proposée par NPR, découpée en deux morceaux qui s’enchaînent.

La première partie ne mérite pas qu’on s’y attarde tellement elle est sirupeuse. Je me revoyais adolescent, écouter ce son douteux qui annonçait la désolation à venir dans les années 80.

La seconde partie remonte quelque peu le niveau avec une sorte de pont entre musique électronique, R&B (au sens moderne et désolant) et je ne sais quoi d’autre qui me semble familier, trop familier. Mais au lieu d’ouvrir des perspectives nées du brassage, du métissage, le pont fait œillère dans un mouvement de balancier oscillant entre conformisme et recyclage ; travers de bien de gens qui se prétendent artistes.

Il en faut pour tous les goûts nous dit-on. On fait bien de la littérature sans littérature de nos jours. Alors pourquoi pas de musique sans musique ?

Nous n’avons plus qu’à bêler.

August 16, 2011
Pedro Almodóvar, La Piel que Habito et quelques musiques

Lorsque j’ai visionné la bande-annonce de La Piel que Habito, le nouveau film d’Almodóvar, je fus profondément intrigué. “Voilà une proposition nouvelle, qui change et qui -en tant qu’humble spectateur- m’attire et m’invite à la découverte” me suis-je dit. J’ai du la voir une bonne demi-douzaine de fois sans que cela ne me lasse et je pense que les attitudes des personnages mais aussi la musique y sont pour beaucoup.

C’est là un cinéaste essentiel à mon avis. Son amabilité et son sens du partage, que j’ai ressentit à travers l’interview clairsemée de quelques belles pépites musicales qu’il a accordée à Harold Manning sur France Inter, rajoutent de l’épaisseur à cet homme que je respecte et qui m’inspire.

Une scène, entraperçue dans la bande-annonce (à la première minute et trente cinquième seconde), m’est parue immensément éloquente. Celle où Antonio Banderas, magistral et gominé comme un véritable gangster des années 20~30, pointe un revolver, le regard dur et l’expression décidée. Il y en bien évidemment d’autres.

Pour finir, je vous livre cette transcription de quelques paroles dites par Arnaud Viviant de la revue Regards lors de l’émission Le masque et la plume passée sur France Inter le dimanche 31 juillet et que vous pourrez retrouver sur le site de la station :

ll y a un philosophe qui expliquait que le propre de notre époque, une des choses formidables de notre époque, c’est d’avoir réussi à inventer des choses sans leur principe. L’exemple le plus courant c’est le café décaféiné. Il fallait y penser. Tiens ! On va faire un café sans caféine. Ah, ah ça c’est une idée quoi ! C’est une idée ! La bière sans alcool. Fallait y penser. Je veux dire, vraiment… celui que je préfère quand même c’est le fromage 0% de matière grasse. Alors là ! Là, là, là ça commence à être fort. Et donc là, Guillaume Musso, c’est exactement la même chose. C’est de la littérature sans la littérature. Et, je veux dire… c’est pas la peine de le dire. Les gens qui achètent du Musso c’est exactement comme les gens qui boivent du café décaféiné parce qu’ils ont peur de ne pas dormir le soir. Bon et bein, c’est pareil ! Ils achètent de la littérature sans la littérature parce qu’ils savent qu’au fond d’eux-même -et ils ont bien raison- que la littérature ça peut être dangereux. Qu’un livre, ça peut changer votre vie. Que c’est pas indifférent. Ils ont un peu peur de la littérature. Ils n’ont pas envie de s’embarrasser avec ça donc ils lisent de la littérature dont ils savent qu’elle est privée de littérature. C’est à dire Guillaume Musso ou Marc Lévy.

Cela, je pense, s’applique aux autres arts aussi…

May 30, 2011

An homage to jazz great John Coltrane by Dr. Yusef Lateef, recorded live at the Pep’s in Philadelphia on June 1964. This is one of Lateef’s finest recordings in my opinion.

The vinyl I own has a different cover and is called Club Date. It was pressed by ABC Records in 1976.

Gil-Scott Heron est mort le 28 mai dernier. 20 jours avant cette triste date, j’écrivais sur ce même blog :

Gil Scott-Heron. Un de ces êtres dont la musique et la poésie peuvent vous marquer à vie. Il est encore parmi nous et, je l’espère, pour longtemps. Son dernier album, I Am New Here, est un petit bijou […] Sa voix a gagné en grain et marque le temps, pas toujours joyeux, qui passe.

Mais revenons en arrière si vous le voulez bien. La bonne musique n’est-elle pas par essence intemporelle ? […] Et par la suite, peut-être aimeriez-vous écouter The Bottle.

Ecoutons alors The Bottle en guise d’adieu à ce grand homme de la musique et de la poésie.

May 6, 2011

Let’s go overboard Afro Funky with this excellent piece from Soul Makossa’s creator, the highly regarded Manu Dibango.

Yes, that’s R.HY.T.H.M.

April 5, 2011

Ecoutez le Funk de Vicky Anderson et laissez son groove vous envahir. L’album Message From a Soul Sister n’est pas un album officiel. C’est une compilation de 45 tours qui a été rééditée récemment pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Le son est parfois assez cru avec des aigus qui peuvent vriller certaines têtes sensibles mais cela transpire la Great Black Music à plein nez. Respect.

March 31, 2011

Le Ghana. Encore. Ebo Taylor. Encore. Entre Highlife et Afrobeat, cela reste de la Great Black Music. Une musique poly-rythmée si j’ose dire qui parle au corps et à l’âme.

Ce titre figure dans l’excellent album rétrospectif paru très récemment chez Strut Records et qui porte sur la période 1973-1980 de l’oeuvre d’Ebo Taylor. Je tiens à rappeler que ce dernier a commis un des meilleurs albums Afrobeat de l’année dernière chez ce même label.

D’aucuns prétendent que l’Afrique est pauvre. Ils devraient y regarder de plus près. Avec un peu de chance, cela leur révélera la misère de leur âme.

March 24, 2011

Sans commentaire. Ce fût une grande. Il suffit juste d’ouvrir grand les oreilles.

March 23, 2011

Quand le hip-hop se penche sur son berceau et s’inspire du jazz. Les samples choisis par Blu pour son nouveau titre, Amnesia, sont classieux et se marient à merveille avec son flow et sa voix légèrement cassée.

Cela change du “gangsta” rap et de ses codes fort peu appréciables.

March 20, 2011

Une excellente compilation parue chez Soundway Records l’année dernière. Le Ghana, toujours et encore. Et le rythme dans la peau.

A l’oeuvre, Christy Azuma & Uppers International.